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USAP - Vannes - Florian Cazenave : « Il va y avoir des larmes » - Lindependant.fr

Aveugle d’un œil depuis 2013, l’ex-Usapiste se dit fier d’exister encore sous le maillot de Vannes.

Florian Cazenave, 29 ans, ex-demi de mêlée de l’USAP (2008-2014), monophtalme depuis juillet 2013, marqué au fer rouge par son aventure catalane, joueur professionnel fier de batailler encore chez les pros sous les couleurs de Vannes. On oubliait : très émotif, surtout.

USAP. Spontanément, quelle image gardez-vous de votre premier club pro ?



Déjà, rien que d’entendre le mot USAP, j’ai la chair de poule, la tête qui tourne…



À ce point ?



Oui. Je suis arrivé à Perpignan à l’âge de dix-sept ans et j’y ai tout connu. Je me suis construit en tant qu’homme, j’ai découvert ma femme, notre enfant est catalan… J’ai fait partie d’une génération qui s’est suivi de Crabos jusqu’à l’équipe première avec Guiry, les frères Taofifenua, Bosch, Batlle… L’apothéose de cette aventure humaine a bien sûr été de réaliser mon rêve : devenir un joueur professionnel dans mon club formateur. Ça représente énormément de choses. Et ça me remue d’autant plus que j’ai quitté l’USAP contre mon gré (à la suite d’un accident où il perdit l’œil gauche). Cette parenthèse n’est toujours pas digérée. Quand j’ai connu des moments difficiles lors de mon exil en Italie, sans savoir si j’allais pouvoir revenir en France, le rêve de refouler un jour la pelouse d’Aimé-Giral était ancré dans ma tête. C’est cette perspective folle qui m’a fait tenir. Vendredi, je ne sais pas comment je vais réagir, mais il va y avoir des larmes, c’est sûr.



À l’époque, quel Usapiste vous impressionnait le plus ?



Plus que les joueurs, je retiens leur côté humain. Pour la plupart, je les badais à la télé. Par exemple, quand j’étais jeune, j’appréciais énormément Nicolas Durand. De l’avoir côtoyé… Quand je suis parti en Italie (Reggio Emilia en 2016-17), il est venu me voir les deux premières semaines, il dormait sur un canapé, on a tissé des liens d’amitié. Je suis fier de dire que j’ai joué avec lui, comme Rimas (Alvarez-Kairelis), Greg Le Corvec, Olibeau, Nico Mas et tous les autres. Ces joueurs avaient une emprise rugbystique et une dimension humaine tellement grandes que ça me rend fier pour eux.



La plaie est encore ouverte car j’ai tout subi et rien choisi



En trois réponses, on vous sent bouleversé par votre aventure sang et or



Plus que ça encore. Rien que d’en parler, les larmes me montent. J’aurais aimé être ce genre de mec qui reste quinze ans dans le club. J’étais parti pour le faire mais mon accident m’en a empêché. La plaie est encore ouverte car j’ai tout subi et rien choisi. C’est le plus difficile à accepter.



Sur le terrain, vous vous considérez comme handicapé ?



Je n’y pense plus du tout. Ça fait trois ans que j’évolue en France, cinq ans que je porte un masque, ça fait partie intégrante de mon corps et de ma manière de jouer. Je dirais que je suis tombé au bon moment. Dans mon malheur, le bonheur a fait qu’à l’époque Bernard Laporte, pour briguer la Fédération, avait milité pour une ouverture de la pratique du rugby. Je pense avoir été un relais médiatique par rapport aux personnes handicapées.



Physiquement Ok, et mentalement ?



Franchement, rien n’a changé. J’ai la même motivation qu’avant mon accident, je ne suis pas devenu un nouveau joueur. J’ai toujours mis beaucoup d’envie dans mon jeu, ça n’a pas évolué. J’aimerais dire que je me suis assagi mais j’ai toujours été quelqu’un de très émotif, qui fonctionne à l’affect. Il m’arrive très peu souvent de me retourner vers le passé.



Quelles sont vos ambitions avec le RCV ?



Après un passage à Brive et à Bordeaux, Vannes m’a donné l’opportunité de me relancer. Ce club me plaît, son état d’esprit, son jeu, l’environnement, on sent que tout est en devenir. Je suis impliqué à 100 %. Les Bretons et les Catalans ont en commun d’être fier de leurs racines, je ne suis pas dépaysé. Surtout avec Pic, Picault et Dumoulin, qui sont Catalans pur jus. Cette semaine, on évoquait ensemble la « Cathédrale ». Plus l’échéance arrive, plus on a tendance à se rapprocher dans le vestiaire.



L’USAP d’aujourd’hui, vous la redoutez ?



J’ai toujours eu du mal à regarder les matches de Perpignan, je n’ai pas fait le deuil, ça a toujours été compliqué. Je connais encore Ecochard, Chateau, Chouly et Géli, dont je suis très proche. J’ai appris avec tristesse son carton rouge. L’histoire aurait été belle d’entrer ensemble sur le terrain. Sinon, je vais essayer de ne pas m’effondrer, tout simplement. J’ai envie de lâcher prise, d’en profiter à fond mais je vais devoir canaliser mon émotion au maximum pour être performant.



Recueilli par Vincent Couture
 
Super. C'est toujours génial d'entendre des mecs parler rugby avec sincérité.
Personnellement en tant que Ceretans, ami de Philippe, qui a fait , je pense, énormément de bien à Florian dans ces moments difficile, je lui souhaite de réaliser un superbe match, comme il a pu faire avec Brive.
 
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