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La pépite de Pro D2 - Sacha Lotrian (USAP) : "20 ans ou pas, les mecs sont là pour te défoncer"

Hakatalan

USAPiste sérieux
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La pépite de Pro D2 - Sacha Lotrian (USAP) : "20 ans ou pas, les mecs sont là pour te défoncer"


PRO D2 - Perpignan jouera dimanche une demi-finale face à Oyonnax, pour continuer à rêver d’un retour en Top 14. Avant cela, les Catalans ont bouclé la phase régulière à la première place du classement. Une performance qu’ils doivent en partie à l’intégration de jeunes joueurs talentueux. Le pilier Sacha Lotrian est de ceux-là. À 20 ans, il est déjà apparu à 28 reprises en sang et or cette saison.


"Quand tu joues un match de Pro D2, les mecs en face ne se posent pas la question de l’âge que tu as. Que tu aies 20 ou pas, tu portes un autre maillot qu’eux, donc ils sont là pour te défoncer." S’il est encore tout jeunot, Sacha Lotrian s’est déjà accoutumé à un championnat "rugueux et très costaud". "C’est un autre monde que ce que j’avais connu jusque-là", juge aujourd’hui le Perpignanais. D’autant plus impactant que le pilier gauche ne "pensait pas arriver à ce niveau aussi rapidement".

Et alors qu’il évoluait en catégorie junior, il pensait encore moins débarquer dans l’antichambre du Top 14 au poste de pilier. Car avant de se frotter aux coriaces pillards de Pro D2, ce pur produit catalan a connu comme premier amour le poste de demi de mêlée. D’un extrême à l’autre, vous dites ? Lotrian le reconnaît le premier : "C’est difficile à croire, c’est vrai, mais j’ai bel et bien débuté comme numéro 9. Il faut dire que je n’étais pas très grand… En revanche, je dois avouer que ma mère me faisait beaucoup à manger. Donc, au fur et à mesure, j’ai rapidement commencé à prendre quelques kilos (sourire)."

Conséquence : alors en juniors Crabos, le jeune Sacha va céder sa place à la sortie des rucks pour "mettre la tête" dans ces mêmes regroupements, avec un passage en troisième ligne. De fil en aiguille, il glisse même de l’arrière de la mêlée jusqu’au cœur de celle-ci, en se muant en talonneur, avant de définitivement opter pour le poste de pilier. "À la suite de ça, j’ai dit à ma mère : "Maman, après pilier, il n’y a plus de poste pour moi donc je vais m’arrêter là (par rapport aux plats cuisinés de sa mère)."

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De ses années derrière la mêlée, le jeune Catalan pense malgré tout avoir conservé quelques aptitudes. "Forcément, en passes, je ne suis pas ridicule", plaisante-t-il à ce propos. Des capacité par ailleurs bien utiles dans le rugby d’aujourd’hui : "De plus en plus, un pilier moderne doit pouvoir jouer comme un troisième ligne. Il doit aussi savoir bien négocier certaines actions, comme les deux contre un."

Mais celui qui a touché ses premières ogives à Millas a également puisé son inspiration chez les piliers d’un passé récent. Avec forcément, en première ligne, l’ancien Usapiste et international français, Nicolas Mas. "Pour moi, il était surhumain. C’est le genre de joueur qui m’a marqué." Un modèle qui le pousse à progresser pour finalement être propulsé en match professionnel à seulement 19 ans (le 6 octobre 2019, contre Soyaux-Angoulême N.D.L.R.). Et après le temps des premières feuilles de match vient l’heure des hymnes nationaux : lors du 6 Nations qui suit (2020), le bambin obtient quatre nouvelles sélections, avec un essai en prime.

Cette saison, Sacha Lotrian est passé aux choses sérieuses avec le club sang et or : 28 feuilles de matchs (dont huit titularisations), sur 30 possibles. Le pilier savoure : "J’avais envie de continuer à m’améliorer. Au bout d’un moment, je me suis dit qu’il fallait que je passe la deuxième. En fait, il suffit qu’un coach te fasse confiance (comme c’est le cas ici) pour que tu commences à t’adapter au niveau du Pro D2. Et puis après, tout s’enchaîne. Il y a également des joueurs plus expérimentés qui sont là, pour me fournir de précieux conseils, des conseils qui me suivront tout au long de ma carrière, si jamais j’ai une carrière à faire… Mais on m’a offert une telle chance au début de la saison… je me devais de la saisir."

Surtout que le pilier international U20 a aujourd’hui l’occasion de rendre fiers ses proches, et en particulier son paternel : "Mon papa a toujours voulu jouer au rugby. Mais il n’a jamais pu, en raison d’un accident… C’est pour ça que j’ai souhaité faire ce sport. Au tout début, j’y ai joué pour lui faire plaisir. Et finalement, j’y ai pris goût. Aujourd'hui, je pense qu’il est fier."

Avec la suite des phases finales de Pro D2 dans les prochains jours, lui et son équipe auront même l’occasion de le rendre encore plus fier. Le natif de Perpignan est à deux matchs de réaliser l’un de ses rêves : ramener en Top 14 le club qui l’a tant fait rêver il y a quelques années.

Par Dorian VIDAL
 
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