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La Chronique d'Els de P@ris : CULTIVER NOTRE JARDIN (BO-USAP, 9e journée)

Discussion dans 'Forum TOP14' créé par Els de P@ris, 6 Octobre 2013.

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  1. Els de P@ris

    Els de P@ris USAPiste bavard

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    La semaine dernière, notre équipe était passée tout près de la catastrophe, de celle qui vous ruine des mois et des mois de patients efforts telle une gelée de printemps. À peine épongés les dégâts causés par l’averse de grêle « Plisson-Ruiz » de fin août, l’orage toulousain avait failli emporter nos derniers plants vivaces. Et il fallait être candide à l’excès pour dire que dans notre situation actuelle tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes.
    La composition du jardin catalan, on le sait, peine à trouver un équilibre entre les fleurs brillantes et délicates de son attaque et les racines de son jeu, lourdes mais nécessaires à éviter les glissements de terrain. Les matches de Brive et de Toulouse en ont été la preuve, dans des registres différents, et le défi qui attendait nos joueurs du côté du Pays Basque allait faire figure de test. Face à un de nos meilleurs ennemis, mal en point comme jamais et ayant autant besoin de points qu’une plante qu’on aurait négligé d’arroser pendant des jours, le défi s’annonçait relevé, et nécessitant davantage le sécateur et la débroussailleuse que la serpette à bonsaï.
    La semaine avait planté le décor, avec un BO ayant squatté la commission de discipline de la LNR. Celle-ci, tout en remisant Arnaud Héguy, Laurent Rodriguez et Serge Blanco dans la serre des mauvaises herbes, permettait à l’architecte du jardin d’Aguiléra de s’en sortir plus blanc qu’une fleur de jasmin, malgré des images accablantes de sa volonté d’étêter Delon Armitage un vulgaire plant de lierre (bien que certains lui en surent silencieusement gré…). Les uns pouvaient hurler qu’on s’acharnait à passer le BO au désherbant, les autres que le jardinier Blanco avait toujours la main verte à la Ligue, il ne manquait qu’une météo orageuse pour compléter le tableau, ce qui ne manquait pas d’arriver. Il ne manquait rien pour faire de ce match un test sur la solidité des jeunes pousses catalanes dans un match au couteau, et sur un terrain certes dans un état plus proche de la friche que des jardins à la française, mais toujours riche en pièges de toute sorte.
    Et avant d’aller courir les si célèbres pelouses anglaises, un premier succès hors de notre jardin pouvait s’avérer fondamental pour planter les graines d’une saison à succès…

    On a beau craindre les réactions d’une bête blessée, si le BO n’a rien récolté ou presque depuis le début de l’année, ce n’est pas sans raison, ni sans influence sur le comportement des acteurs. On ne peut pas avoir raté quasiment toutes ses plantations ou boutures sans que cela vous trotte dans la tête et y instille un doute plus terrible que tous les champignons ou que toutes les chenilles. L’en-avant inaugural et la faute en mêlée qui donnaient à notre James l’occasion d’aller faire une première cueillette chez nos adversaires en était une démonstration, mais vu que notre Gallois négligeait la récolte, on oubliait bêtement de faire proliférer ce doute dans les têtes basques.
    Entre une équipe en plein doute existentiel et une autre se demandant toujours comment organiser le travail loin de ses bases, on ne risquait pas de voir de grandes compositions florales s’élaborer sous nos yeux ébahis. Et en effet, on voyait nettement plus les épines que les roses dans le jeu des deux équipes : en-avants, mêlées tournées, maladresses et fautes en tous genres hachaient le match et coupaient court à toutes les maigres tentatives, notamment côté basque. Une belle offensive de nos joueurs envoyait Camille Lopez tout près des plates-bandes biarrotes, mais celui-ci ne parvenait pas à déflorer le tableau d’affichage, ce que James Hook faisait dans la foulée sur une énième faute biarrote.
    On pouvait penser que cette action allait marquer la fin de la période des labours et que l’USAP allait pouvoir planter les graines de son succès, tant son potentiel offensif paraissait supérieur, mais il n’en était rien, la faute en grande partie à un jeu au pied peu inspiré qui avait trop tendance à laisser la main aux Basques. Et même s’ils n’en faisaient pas grand-chose, et que nos avants, Vaha et la 3e ligne en tête, jouaient à merveille les sécateurs, la pression brouillonne qu’ils exerçaient sur notre camp leur permettait de passer devant. Les mêlées succédaient aux mêlées, et l’USAP laissait trop son jeu en jachère, alors qu’une nouvelle accélération était à deux doigts d’aller en dame. Là encore, l’USAP récoltait trois points sur la mêlée suivante, et on atteignait la pause sur un score et un temps de jeu effectif aussi petits qu’un bouton de fleur au début du printemps. Pas grand-chose à se mettre sous la dent pour l’amateur de rugby, et une décoction de plantes amères pour les supporters des deux équipes, entre tension et frustration, avec de notre côté la crainte de ne pas avoir suffisamment semé avec le vent dans le dos…

    D’ailleurs, l’entame du second acte confirmait ses craintes. Yachvili tapait un superbe coup de pied par dessus notre clôture, nous forçant à concéder la touche tout près de notre verger, avec pour conséquence trois nouveaux points pour le BO. Mais pas le temps de se lamenter sur notre incapacité à profiter des doutes de notre adversaire : Duvenage montrait à Yach qu’il avait le pied aussi vert que lui. Même motif donc, mais pas même punition : d’un groupé pénétrant d’école qui aura tiré des larmes aux nostalgiques des traditions de motoculture catalane un peu frustrés depuis 2-3 ans, nos gros défonçaient la haie biarrote pour s’effondrer dans la terre promise, par l’intermédiaire d’un Guilhem Guirado trouvant là la récompense de son gros match de défricheur à la machette. Hook enquillant la transformation, on pouvait se dire qu’on n’avait plus qu’à couver amoureusement les graines de ce si précieux succès hors de nos bases.
    Hélas, si l’USAP s’est retrouvée sur les fondamentaux de la conquête et de la défense, avec un Justin Purll encore royal dans le rôle de la plante grimpante, un Perez comme aux plus beaux jours en arracheur acharné de mauvaises herbes et de têtes qui dépassent, un Vaha usant à merveille des lianes qui lui servent de bras, on ne peut pas dresser un bilan aussi enthousiaste de la maîtrise du jeu. La faute d’abord à un jeu au pied dont la précision rappelait l’arrosage automatique de certains ronds-points qui mouillent plus les voitures que le gazon, avec notamment un Camille Lopez qui aurait visiblement besoin d’un peu de repos pour que son talent ne se fane pas trop. Mais aussi à tout un tas de petites fautes de goût qui permettaient au BO de remettre la marche avant, ce qui avait le don d’exaspérer notre architecte paysager sur le bord du terrain. Ainsi de Piukala, pourtant exemplaire, partant bêtement devant le coup de pied et donnant au Yach l’occasion de reprendre la place au soleil. Mais comme un signe du destin, le Biarrot ratait ce geste qu’il maîtrise pourtant parfaitement. Et quand se présentait à notre buteur Gallois une pénalité pourtant bien loin pour ses standards habituels et contre le vent, lui ne subissait pas de coup de bambou, réussissant là un coup de pied aussi inattendu et fondamental que son drop de la semaine dernière.
    Quatre points d’avance face à un BO qui avait eu autant d’occasions d’essai qu’il existe d’orangers sous le ciel irlandais, on pouvait commencer à rêver qu’Aguilera devienne un Eden catalan, même si le spectacle proposé n’avait rien de paradisiaque. Les Basques faisaient feu de tout bois : une première offensive des avants pour déblayer notre défense échouait, mais l’USAP ne tardait pas à rendre le ballon, et même à se faire pénaliser, notre jeune Seb Tao ayant décidé de pousser comme un sauvageon, en l’absence de son frère derrière lui pour l’aider à aller droit. La fin de match allait donc se passer dans le stress et la crainte, d’autant qu’une première défense victorieuse était annulée par la seule touche ratée du match (on s’interrogera sur le choix d’une touche réduite à un seul sauteur si près de la ligne, mais bon…), heureusement sans conséquence. L’USAP tenait bon, et pouvait récolter ses quatre points si précieux.

    Le « oufff » poussé par tous les supporters catalans, du café Six aux PO où il s’ajoutait à la tramontane, était à la hauteur de l’attente et de la tension générées par ce petit match. On a tellement connu de désillusions dans ce genre de matches qu’on ne va pas bouder son plaisir, même si Aguilera n’a rien d’un Eldorado. On ne peut qu’être frappé par l’état de délabrement du collectif biarrot, sorte de terrain rempli de bosses et de cailloux qui rabaisse le niveau de tout le monde. On peut être circonspect devant la copie rendue par l’USAP, qui n’est pas passée si loin de la défaite face à cet adversaire, et qui l’aurait probablement connue contre tout autre équipe du Top 14 en proposant la même chose.
    Mais c’est justement cela qui peut être intéressant : on a suffisamment reproché à l’USAP de mettre la charrue avant les bœufs, de vouloir faire du jardin à la française sans défricher et nettoyer le terrain avant, pour ne pas se réjouir de cette victoire acquise à grands coups de sécateurs et de bine, dans un contexte délicat qui plus est. On l’a déjà dit, l’USAP est une belle plante, mais une plante jeune, qui manque parfois de tuteurs pour l’empêcher de partir dans tous les sens. On voit sur les derniers matches que les différents éléments se mettent en place, même s’ils ne sont pas toujours bien assortis. En attendant, l’USAP s’est remise dans les clous pour les concours horticoles de printemps, et squatterait même la première place sans ce pénible aléa climato-arbitral du mois d’août. Il est maintenant temps de goûter à nouveau aux joutes européennes, avec l’ambition de commettre un meurtre dans un jardin anglais samedi prochain, contre un adversaire intéressant mais qui n’a rien d’insurmontable, et dans une compétition où la pression est quand même moindre, malgré l’identité de son sponsor.
    Quoiqu’il en soit, il faut laisser nos joueurs et notre staff cultiver leur jardin, et construire ce collectif avec la même patience que nécessite l’entretien jardinier, du simple balcon au parc du château de Versailles, et ce même si la patience n’a jamais été le fort du supporter catalan. Tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais les voyants sont quand même plus au vert depuis vendredi !
     
  2. Cata'tonique

    Cata'tonique Passe sa vie sur le forum

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    Voltaire aurait apprécié... probablement... quoique, il jouait à quel poste, déjà ?
    En tout cas :bravo:
     
  3. llucet

    llucet USAPiste impliqué

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    Cours exquis de jardinerie basquaise à la sauce catalano-parisenque !

    Avec qui plus est une allusion pleine de verdeur :
    "grands coups de sécateurs et de bine" ... "On l’a déjà dit, l’USAP est une belle plante,"

    Sang de naps, Blancorléone trouve-nous une pelle pour biner !
     
  4. le soler

    le soler USAPiste impliqué

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    magnifique comme d'habitude :bravo:
     
  5. catalan92

    catalan92 Passe son temps sur le forum

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