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Top 14 : prudence et tension autour de la révolution arbitrale de la saison, le carton rouge de 20 minutes - Lindependant.fr

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Top 14 : prudence et tension autour de la révolution arbitrale de la saison, le carton rouge de 20 minutes​

À partir du 6 septembre, le Top 14 introduira une règle inédite en France : le carton rouge temporaire de 20 minutes, dit "carton orange". Longtemps contestée par les instances françaises, cette mesure portée par World Rugby entraîne un gros chantier arbitral et une ligne directrice peu évidente à fixer.

Il cristallise de nombreux débats et suscite de nombreuses interrogations. Surtout depuis juin dernier, quand la Ligue nationale de rugby a confirmé l’entrée en vigueur du carton rouge de 20 minutes à partir de la saison à venir. Ce nouveau "carton orange", qui permet à un joueur exclu d’être remplacé par un coéquipier vingt minutes après sa faute, devient ainsi la principale nouveauté arbitrale de la saison 2026 et le plus gros chantier des arbitres professionnels en pré-saison, réunis autour du Catalan Mathieu Raynal mercredi 30 juillet dernier, afin de présenter la ligne directrice des hommes au sifflet aux staffs de Top 14 et de Pro D2.

Pourtant, cette règle, en octobre 2024, quand World Rugby l’avait sortie de son chapeau, ni la FFR, ni la LNR, ni Provale, le syndicat des joueurs et joueuses de rugby en France, n’en voulaient. "La FFR, la LNR et Provale s’opposent fermement à son adoption et appellent World Rugby à s’appuyer sur des données probantes avant de modifier une sanction aussi cruciale, notamment concernant l’impact sur la sécurité des joueurs", écrivaient-ils dans un communiqué commun.

Des arguments de fond : sécurité et équité​

Cela avait le mérite d’être clair, à l’image de leurs contre-arguments : un impact sur le jeu pas si prépondérant – "Bien que certains pensent que cette règle favorisera un jeu plus fluide […], l’analyse basée sur 480 matches de Top 14 et de rencontres internationales du Tiers 1 démontre que seulement 60 % des équipes ayant été sanctionnées d’un carton rouge se sont inclinées à l’issue du match" ; la sécurité des joueurs et l’image du sport qui en découle – "Le carton rouge est un outil crucial qui dissuade les comportements anti-sportifs et protège l’intégrité physique des joueurs. Transformer cette sanction pourrait inciter à des comportements dangereux. Le carton rouge en tant que sanction collective vise à préserver l’équilibre et le fair-play. La mise en œuvre de cette règle pourrait encourager un jeu plus agressif ou créer des controverses liées à l’exploitation tactique de la règle."

Et même si, un mois plus tard, en novembre 2024, la FFR s’était exprimée contre l’entrée en vigueur de cette expérimentation lors de la réunion du Conseil de World Rugby, les instances du rugby français ont fini par céder en mai dernier, quand les directeurs du rugby mondial ont annoncé la généralisation du carton rouge de 20 minutes, dit "allégé". D’où le "gros, gros chantier", comme l’évoquait Nicolas Bridoux, un juge de touche, à la fin du mois de juillet, lors de la réunion organisée autour de Mathieu Raynal, qui pilote, avec Romain Poite, la cellule consacrée à l’arbitrage français pour la Fédération.

On veut envoyer un message sur les plaquages violents et conserver la force de ce carton rouge permanent.
D’autant que la LNR ne peut pas faire avec les mêmes outils que World Rugby. En France, aucun "bunker" n’existe. Aucun dispositif ne sera mis en place pour juger toutes les situations litigieuses dans un second temps. Ce sont bien les arbitres sur le pré qui trancheront entre le carton jaune, orange ou rouge. Mais comment ? "World Rugby ne voit des cartons rouges définitifs uniquement sur des actes de jeu illégaux. Nous considérons que les rouges définitifs sont applicables sur des actes légaux mais avec un haut degré de danger", expose Nicolas Datas-Tapie, membre de la cellule haute performance de l’arbitrage, chez nos confrères de Midi Olympique. "On veut envoyer un message sur les plaquages violents et conserver la force de ce carton rouge permanent. Ce message est pour la protection des joueurs", poursuit le Catalan Mathieu Raynal.

Ainsi, les soucis de sécurité des joueurs et de l’image du rugby soulevés par les instances françaises qui s’opposaient à cette règle ont été entendus. Il ne suffira pas de plaquer avec l’épaule et à la tête pour recevoir un carton rouge. Un simple plaquage mal maîtrisé, dangereux par sa vitesse ou la zone touchée, peut en justifier un, contrairement au niveau international, où cela ne vaudra qu’un carton orange. Car, pour l’heure, World Rugby autorise encore les spécificités par pays. Mais cela seulement pour la saison à venir. Un bilan mondial sera fait à l’issue de cet exercice. Un premier chantier donc, en attendant peut-être un second dans un an. Reste à voir, d’abord, comment les staffs et les acteurs du Top 14 et de Pro D2 s’approprieront la mise en vigueur de cette règle et de la ligne directrice voulue par Mathieu Raynal, Romain Poite et la FFR.
 

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