Top 14 - "Ça prouve le caractère de cette équipe" : pour Perpignan, ce squad peut être de la bombe
Vincent Bissonnet
Perpignan Pour renverser le Stade toulousain et décrocher sa deuxième victoire de la saison, l’Usap a pu compter sur la densité de son effectif. Les trois marqueurs de la deuxième mi-temps avaient débuté sur le banc…
Si les victoires sont rares, cette saison, pour l’Usap, elles ont au moins le mérite d’être marquantes. Quinze jours après avoir terrassé Clermont en infériorité numérique, les Sang et Or ont vaincu le Stade toulousain au prix d’une fin de match tonitruante, renversante : "Franchement, il n’y a même pas de mots pour décrire ça, hallucinait le jeune ailier Maxim Granell, auteur du premier essai de la partie. On a mis énormément d’envie, il y a énormément de joie. Et quelle fierté de voir le public nous suivre comme ça."
Après une entame canon, un 11-0 empreint d’opportunisme, les Catalans ont infligé un 14-0 à leurs prestigieux visiteurs pour arracher cette victoire de prestige et offrir un bonheur intense à leurs supporters : "Battre Toulouse, c’est un exploit en soi ; le battre comme ça, en renversant le match, ça prouve le caractère et ce qui se passe dans cette équipe", mesurait Laurent Labit. Tout ce que le nouveau manager répétait depuis deux mois a trouvé un profond écho, samedi, à Aimé-Giral : que les joueurs devaient se prendre en mains, que le public ne demandait qu’à vibrer avec eux, que le potentiel de ce groupe était sous-exploité… Samedi, on a enfin pu juger sur le terrain de la profondeur d’effectif de cette Usap édition 2025-2026, prétendument mieux armée que toutes ses devancières. Sur le XV de départ, l’impact du surprenant Sama Malolo, l’aura de Jamie Ritchie ou encore la vista du revenant James Hall méritent d’être mises en avant. Mais les bonnes équipes se différencient avant tout par la qualité de leur banc : celui de l’Usap, bien pensé par l’encadrement en amont, a changé le cours de la partie avec l’entrée, dès la pause, d’Ignacio Ruiz, Joaquin Oviedo, Peceli Yato et Bruce Devaux. Les trois premiers cités - habitués à jouer les premiers rôles - ont chacun marqué. Tout sauf un hasard.
Aucagne, la belle histoire
La coïncidence veut qu’un des autres héros de la partie soit Antoine Aucagne, l’homme qui est revenu d’une absence de onze mois : son 100 % au pied et sa dernière récupération ont valu de l’or. "On a très vite vu que c’était un joueur brillant : il connaît très bien le rugby, il est doué, il a beaucoup de fluidité et de facilité, décrit Laurent Labit. Ce match va lui redonner de la confiance." De la confiance pour les individualités et de l’émulation pour ce groupe : face à Toulouse, l’Usap a gagné bien plus que quatre points.
Les troupes n’en gardaient pas moins leur lucidité, conscientes de leur situation et du chemin à parcourir : "Rien n’est acquis, on n’a gagné que deux matchs, rappelle Maxim Granell. Il faut qu’on continue à prouver, à gagner d’autres matchs et à ne rien lâcher." Cette quête, le vestiaire catalan la mènera au moins avec plus de certitudes : "Est-ce qu’on va encore progresser ? Je le pense, répond Bruce Devaux. Le déclic est arrivé tard. Mais comme on dit, mieux vaut tard que jamais."