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« S'il m'arrive malheur, il n'y aura plus de rugby à Montpellier » : le président Mohed Altrad s'interroge sur l'avenir du MHR en Top 14
Si Mohed Altrad n'entend pas s'en aller, le président et propriétaire du club de Montpellier ne sait pas encore comment s'opérera sa succession. Il ne croit pas à l'arrivée de potentiels acquéreurs.
Arrivé en 2011, le milliardaire Mohed Altrad est l'actionnaire majoritaire et président du MHR. L'homme d'affaires de 78 ans est en conflit avec la municipalité socialiste depuis de nombreuses années
au sujet du Septeo Stadium qu'il aurait aimé racheter pour apporter de nouveaux revenus à son club. Il entend garder le cap. À Montpellier... ou ailleurs.
Son engagement : « J'ai investi des sommes très importantes »
« Lorsqu'on est venu me chercher en 2011, je ne savais pas dans quoi je m'engageais. Au départ, je voulais donner un coup de main à la ville, la métropole et la région pour sauver le club de la disparition. Je ne connaissais pas grand-chose ou rien au rugby. J'ai découvert les matches, les vestiaires et plein d'autres choses. Petit à petit, on se passionne pour les gens et le public. Quinze ans plus tard, peu de choses m'échappent, que ce soit le jeu, la composition d'équipe, les valeurs, la relation avec les intermédiaires et les agents.
J'ai mis la main à la poche régulièrement et investi des sommes très importantes
(environ dix millions d'euros par an). Mais ce n'est pas qu'un mécénat, ce serait un peu trop réducteur de dire ça. Le club du MHR est l'une des 200 filiales du groupe Altrad. C'est un souci permanent mais pas un travail à plein temps, si ce n'est lorsqu'il y a des urgences ou des sujets difficiles à traiter. C'est comme ça que j'essaie de piloter toutes les filiales du groupe. La passion est toujours la même mais la question de l'avenir se pose. À un certain moment, il faut passer la flamme à quelqu'un d'autre.
Stade et politique locale : « Je ne suis pas le bienvenu aux yeux des édiles successifs »
La question du stade est essentielle dans le modèle économique. Elle est malheureusement au point mort. Le sujet a commencé avec l'élection de
(Philippe) Saurel
(DVG puis LREM, en 2014) puis celle Michaël Delafosse
(PS, en 2020) qui a été réélu cette année. Il y a eu beaucoup de discussions, de courriers et de réunions. Je n'ai jamais compris pourquoi ça avait capoté. Mais je ne suis pas le bienvenu aux yeux des édiles successifs. C'est un frein dans le développement. Un stade est absolument nécessaire pour faire grandir des clubs comme le MHR. Celui-là
(le Septeo Stadium) a été inauguré en 2007. Depuis, il n'y a pas eu de rénovation, que ce soit pour l'éclairage ou la sonorisation qui est défectueuse. On ne doit pas oublier que le public ne vient pas que pour le match.
C'est décourageant et surtout une perte de temps. Les collectivités locales n'ont pas le même discours que moi. Une des deux parties ment. Et moi, je n'ai aucun intérêt à mentir. Dans la vie d'un entrepreneur, si tu n'avances pas, tu régresses... Je n'ai jamais pensé à claquer la porte mais le club peut être à Montpellier ou ailleurs, et notamment à Béziers, où Robert Ménard
(DVD) nous accueillerait avec plaisir. On ne sait toujours pas où aller. Bien sûr, ce serait une déception de devoir partir car la place du MHR est à Montpellier, encore plus aujourd'hui avec le foot qui est descendu en Deuxième Division
(en 2025). »
Sa succession : « Je n'ai jamais parlé de vente. C'est une fiction »
Je n'ai jamais vendu de filiale dans mon groupe et je ne vendrai pas celle-là. L'autre point important est qu'il y a des investisseurs dans le foot mais pas dans le rugby, où on ne gagne pas d'argent. Il n'y a personne pour acheter le club. C'est une vente imaginaire qui ne peut pas exister. Autant j'ai évoqué la relation qui peut exister avec Béziers, autant je n'ai jamais parlé de vente. C'est une fiction. Toutes les histoires s'arrêtent un jour et je ne sais pas comment va s'arrêter celle du MHR.
Ma succession et la suite ? Je ne sais pas l'imaginer et je ne vois pas comment les autres mécènes la préparent. Faire entrer un actionnaire minoritaire pour qu'il devienne majoritaire n'est pas une solution de succession sûre. S'il m'arrive malheur, il n'y aura plus de rugby à Montpellier. Mes enfants ne sont pas comme moi pour l'aspect matériel. Je ne crois pas qu'ils soient prêts à reprendre le MHR. Aucun n'acceptera d'injecter des sommes considérables. Mais je ne suis pas mort encore ni en incapacité !
(Rire) Personne ne sait lire dans le temps. S'il m'arrive une tuile grave, vous pourrez oublier tout ce que je viens de vous dire.
L'avenir du MHR est aléatoire.
(...) Il n'y a pas de rapport avec le procès
(pour une affaire de corruption). C'est vrai que nous avons été condamnés
(avec Bernard Laporte) en première instance mais avec du sursis
(il a été sanctionné de 18 mois de prison avec sursis, 50 000 euros d'amende et une peine d'inéligibilité, pour corruption active, trafic d'influence, abus de biens sociaux). Je ne suis pas interdit de gérer un club de rugby. Donc attendons
l'appel qui aura lieu finalement en (mars) 2027. »