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FFR - "On a une bombe nucléaire au dessus de nous" : la FFR plombée par un redressement fiscal du GIE France 2023 ? - Coupe du monde Rugby

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FFR - "On a une bombe nucléaire au dessus de nous" : la FFR plombée par un redressement fiscal du GIE France 2023 ?​


La rédaction de Rugbyrama

  • La Coupe du monde de rugby 2023 au Vélodrome de Marseille
    La Coupe du monde de rugby 2023 au Vélodrome de Marseille Icon Sport - Johnny Fidelin

Publié le 05/02/2025 à 10:39
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Le fisc français a notifié le GIE (Groupement d'intérêt économique), qui achetait et commercialisait les hospitalités lors du Mondial en France, d'un redressement de 20,7 millions d'euros. Par répercussion, la Fédération française de rugby pourrait connaître de grandes difficultés financières si cela se confirmait.

Les problèmes financiers post-Mondial 2023 continuent. Après le déficit d'exploitation de 29 millions et un résultat net de - 13 millions connu sur l'exercice 23-24, la FFR pourrait ne pas sortir la tête de l'eau de sitôt. En effet, le journal L'Équipe a informé qu'un redressement fiscal de 20,7 millions d'euros a été notifié au GIE, qui commercialisait les programmes voyages et hospitalités du Mondial 2023. Une nouvelle qui pourrait creuser le trou de la FFR puisque l'institution verrait son déficit passer de 19 à 31 millions. Pour être simple et efficace : le GIE aurait appliqué un taux de TVA de 5,5% pour des produits (billets de matchs + hospitalités) taxés normalement, selon le fisc, à taux plein (20%). Un long débat juridique avec arguments et contre-arguments qui pourrait donc ajouter des compliquations lourdes à la Fédération française de rugby, qui détient 55% du GIE. En cas de redressement confirmé, la Fédération devrait alors provisionner le compte à hauteur de 12 millions d'euros afin de couvrir de potentielles pertes supplémentaires.

La FFR en cessation de paiements ?​

Claude Hélias, trésorier adjoint de l'institution, explique à quel point la FFR est en danger : "Provisionner 12 millions, ce serait catastrophique. Si ce redressement était mis en recouvrement, la FFR se retrouverait en cessation de paiements." Si ce redressement venait à se confirmer, Florian Grill évoque déjà une catastrophe : "Ces 57 millions d'euros de pertes du GIE, ça on ne peut pas. On a une bonne nucléaire au-dessus de nous." Le patron du rugby français fait référence aux efforts déjà réalisé pour répondre aux déficits d'exploitation de 18 millions. "On a diminué la subvention de Provale, on ne remplace pas tous les départs de la fédé, on a trouvé des partenaires, les clubs pros sont prêts à participer à cet effort collectif, les joueurs du XV de France ont accepté une baisse de leurs primes (environ 3 millions d'euros)." Si le Mondial 2023 a été une réussite populaire, le côté sportif et financier laissera un véritable goût amer.
 

Ramball84

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DENI DE FLORIAN GRILL ET/ OU STRATEGIE POLITIQUE

Depuis quelques semaines Florian Grill ne cesse de communiquer sur le redressement ''spectaculaire '' des finances de la FFR et les diverses plaintes déposées pour Montbrand, Daimani et enfin la responsabilité '' ciblée de 2018 à août 2022 envers les dirigeants qui seraient responsables du fiasco financier de la Coupe du Monde de Rugby 2023 :

Je vous propose un autre regard, factuel, démontrant que Florian, président depuis juin 2023, ne peut plus s'auto proclamer '' n'être responsable de rien ''.

COUPE DU MONDE RUGBY 2023
Un modèle solide déraillé par la rupture de gouvernance

Contrairement à ce qui est déclaré, Claude Atcher, n'a rien décidé seul.

Audité, validé et rentable sur le papier, le projet français de Coupe du Monde 2023 s’est effondré Justement à partir du départ de Claude Atcher. Une désorganisation interne et une série de négligences ont transformé un succès économique annoncé en déficit structurel.

Un projet collectif, validé par l’État et plusieurs audits privés

Lorsque la France décroche en 2017 l’organisation de la Coupe du Monde de Rugby 2023, son dossier est salué pour sa rigueur économique et la qualité de son écosystème.

La Fédération Française de Rugby (FFR), l’État, le CNOSF, la Caisse des Dépôts, la Société Générale, le cabinet Deloitte, ainsi que l’Inspection Générale des Finances (IGF) et l’Inspection Générale de la Jeunesse et des Sports (IGJS), participent tous à sa validation.

Le rapport IGF/IGJS n° 2018-M-010-03 souligne la robustesse du modèle économique — basé sur les recettes d’hospitalités et de billetterie — mais avertit déjà :

“Le risque principal ne réside pas dans les hypothèses économiques, mais dans la gouvernance et la stabilité du pilotage.”

Cette gouvernance, incarnée par Claude Atcher, alors directeur général du GIP France 2023, avait posé les fondations d’un dispositif administratif et contractuel structuré.

Les audits du cabinet OIT et de Deloitte confirment en 2020 et 2021 la cohérence financière du modèle, et la redevance versée à World Rugby est alors considérée comme “légitime et soutenable” pour l'emporter, grace aux hospitalité, face à l'Afrique du Sud et l'Irlande

Une organisation solide… jusqu’à l’été 2022

Jusqu’à l’été 2022, le suivi des contrats clés, notamment Daimani, pour l’international et Couleur Rugby (TVA) est assuré dans un cadre formalisé.

Mais en août 2022, tout bascule : Claude Atcher est suspendu, puis évincé en octobre.
Cette rupture crée un vide managérial et opérationnel.

Le président du GIP, Jacques Rivoal, et le directeur général nommé, Julien Collette, peinent à assurer la continuité.

Les procédures de suivi des flux financiers et des engagements contractuels sont désorganisées et le recours à la société Rnk, suite à un appel d'offre '' express'' à 3 M€, dilue encore les responsabilités, tandis que les alertes internes ne sont plus traitées.

⚠️ Trois signaux d’alerte ignorés pour le GIE

Entre l’été 2022 et le printemps 2023, trois dossiers critiques — identifiés depuis plusieurs mois — ne sont pas correctement gérés :

1. ⚠️ Le contrat Daimani (hospitalités internationales) :
En mai 2022, Claude Atcher avait adressé une mise en demeure à Daimani pour retard de paiement et rupture du contrat au prochain manquement.
Après son départ, aucun recouvrement effectif n’est entrepris.
Le tribunal de commerce de Paris condamnera finalement Daimani à verser 11,65 M€ au GIE, une créance aujourd’hui quasi irrécouvrable.
La plainte de la FFR ayant peu de chances d'aboutir, puisque les faits démontrent le laxisme des nouveaux dirigeants du GIP et GIE.

2. ⚠️ Le dossier TVA :
Dès 2019, l’administration fiscale avait indiqué que les packages “voyage + hospitalité” relevaient du taux normal de 20 %.
Le cabinet KPMG, mandaté par le GIP, recommandait en 2022 d’obtenir un rescrit fiscal ou de répercuter le taux correct sur les factures.
Aucune action n’est entreprise après le départ d’Atcher, menant à un redressement évalué à 3,4 M€ qui a grimpé avec les pénalité à 20,7 M€, qui aurait pu être évité.

3. ⚠️ Les billets et loges relâchés par World Rugby :
En 2023, une partie des “packs Or” est restituée par World Rugby sans compensation financière.
Ce manque à gagner, estimé à environ 6 M€, n’a pas été géré par les dirigeants, avec une étonnante présence de World rugby au Conseil d'administration.

Ces trois défaillances représentent, selon la Cour des Comptes près de 53 millions d’euros de pertes cumulées si le redressement fiscal est maintenu.

Une gouvernance fragmentée et un manque de réaction

À partir de fin 2022, le GIE France 2023 souffre d’un pilotage éclaté.

Le président du GIP, Jacques Rivoal, et le directeur général, Julien Collette, pas plus que la société Rnk, qui dépense sans compter, ne parviennent pas à maintenir la coordination entre les partenaires publics et la FFR.

Les audits internes relèvent des retards de reporting, une absence de stratégie de recouvrement, et un suivi fiscal lacunaire.

En juin 2023, la nouvelle équipe fédérale conduite par Florian Grill est pourtant informée en bureau Féderal par Alexandre Martinez des deux principaux risques :

⚠️ la créance Daimani, déjà jugée compromise mais billets encore récupérables et surtout ne pas en relivrer d'autres

⚠️ le risque de redressement TVA et les solutions connues et documentées par le rapport Kpmg. rescrit fiscal ou facturation au prestataire.

Mais aucune mesure corrective immédiate n’est prise avant la fin de la Coupe du Monde qui figent les choses.

De la stabilité au chaos administratif

Quoi qu'on en dise, les faits démontrent que avant août 2022, le projet est piloté avec rigueur, audité et en ligne avec les prévisions ;

après le départ de Claude Atcher, les procédures de contrôle interne se désagrègent.

L’IGF avait pourtant averti que le succès du tournoi dépendait “d’une gouvernance stable, hiérarchisée et continue”.
Ce que les mois suivants ont précisément démenti : un projet solide a été victime d’une instabilité politique et administrative.

La FFR ne peut ignorer sa part de responsabilité

Si la FFR et son président Florian Grill affirment aujourd’hui que le déficit provient d’une “offre trop ambitieuse” et de la responsabilité des dirigeants entre 2018 et Août 2022, les faits et les documents contredisent cette version et démontrent qu'il fallait gérer le probléme au lieu de faire campagne dans les clubs. Que c'était ça '' être sur le terrain '' !

La FFR a été tenue informée dès son arrivée en juin 2023 des points critiques (Daimani, TVA, World Rugby).
Elle disposait encore de marges de manœuvre pour agir: recours contentieux, rescrit fiscal, exercer la garantie, ne plus livrer de billets, ne pas s'exécuter face à World Rugby ... autant de solutions qui n’ont pas été utilisées.

Un échec de gouvernance, pas de stratégie

La Coupe du Monde 2023 demeure un succès populaire et économique, mais son déficit comptable reflète un échec de gouvernance collective.

Le modèle construit sous Atcher, validé par l’État et l’Inspection Générale des Finances a été désorganisé par des choix de gestion internes postérieurs à son départ.

Ni le GIP, ni le GIE, ni la FFR, ni les services de l’État n’ont su assurer la continuité du pilotage.

Ce rapport de l'IGF de 2018 avait tout annoncé :

“Le succès de la Coupe du Monde reposera sur la stabilité de la gouvernance, non sur les recettes.”

Le déficit du GIE France 2023 ne sanctionne donc pas une mauvaise stratégie, mais une rupture de gouvernance, de suivi et de compétence.

Une dérive institutionnelle plus qu’économique.

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