Rugby – Challenge Cup : "Au rugby, il faut aussi savoir se faire mal"… La déception de Nicolas Nadau, le coach de l’USAP, après la gifle reçue à Montpellier
Nicolas Nadau n’a pas apprécié la performance de ses joueurs. L'INDEPENDANT - MICHEL CLEMENTZ
Recueilli à Montpellier, par Hugo Bové
L’USAP s’est lourdement inclinée à Montpellier ce samedi au Septeo Stadium (53-13), en huitièmes de finale de Challenge Cup. Nicolas Nadau, l’entraîneur de l’attaque, s’est forcément montré déçu et agacé en conférence de presse.
Quelle analyse tirez-vous de cette énorme claque ?
Il y a des essais beaucoup trop facilement donnés, des situations mal gérées, un jeu au pied calamiteux, une défense… Au rugby, il faut aussi savoir se faire mal ! Ce n’est pas tout de se dire toute la semaine qu’on va jouer, qu’on va essayer de prendre des initiatives… Oui, on l’a bien fait pendant un quart d’heure. Et puis, d’un seul coup, tout se délite. Et la notion de combat se perd, la notion d’équipe se perd, le jeu collectif se perd totalement… Et tu ne retrouves plus ce qui fait notre caractéristique depuis quatre mois. Plus tu enchaînes les situations catastrophes, plus tu sens l’équipe qui s’enfonce, et qu’il n’y a pas de sursaut d’orgueil. C’est ça qui est un peu dommageable aujourd’hui.
Cela vous inquiète ?
Montpellier, ça fait quand même deux, trois mois qu’ils mettent 40 pions à tout le monde. Est-ce qu’on doit être inquiets ? Dans ce cas-là, tout le Top 14 est inquiet ! Aujourd’hui, la réalité, elle est là : on n’a pas été à la hauteur. Mais on sait aussi où on est, et on ne se prend pas non plus pour n’importe qui ou pour n’importe quoi. On sait le chemin qu’on doit tracer, on sait le chemin qu’on doit atteindre. On est encore loin, on a encore beaucoup de travail et beaucoup de cohésion à créer. Montpellier, c’est une équipe qui s’est transcendée et transformée. C’est ce que nous devons être dans les semaines, les mois, les années à venir.
Est-ce que ce match peut vous servir de base pour dans deux semaines ?
Tous les matches ont des enseignements pour nous, pour savoir avec qui repartir au combat notamment. On revient ici dans quinze jours, mais si on est résignés et qu’on accepte de se faire rouler dessus comme ça, ce n’est pas la peine de revenir ! Parce qu’on aura la chance de pouvoir laver l’affront, c’est ce qui est extraordinaire dans notre métier. J’espère que la marche sera peut-être haute, et qu’on répondra différemment, au moins dans les duels et dans la volonté de tenir le ballon. Parce que cet après-midi, c’était pauvre. On n’a pas fait trois séquences… On n’a pas fait un match collectif.
Vous ne relevez pas de positif ?
Si… Parce que le premier quart d’heure est positif dans la dynamique. On voyait que les Montpelliérains commençaient à mettre les mains sur les genoux. Mais on a deux ou trois situations qu’on gère mal, on a deux mêlées qu’on joue mal, on arrive dans cette zone de marque, on est moins dynamiques qu’eux, on déblaye moins bien qu’eux… Mais au moins on est présents, on est dans les duels, en touche, en mêlée, sauf que tu prends des essais coup sur coup. Le troisième (d’Echegaray à la 35e, NDLR) fait vraiment mal à la tête. Il va falloir travailler sur tout ça : être beaucoup plus dynamiques et plus fort. On doit plus travailler sur notre consistance, et passer d’un match à un autre en gardant les bonnes choses. Parce que pour nous, souvent, c’est le match d’après qui est difficile.
Quel est le programme pour la semaine prochaine ?
Pas de vacances. On va travailler toute la semaine. On reste sur le plan qu’on s’était donné si on se qualifiait. Là, on va leur laisser dimanche et lundi, et on va revenir mardi pour expliquer le pourquoi et le comment, et pour échanger ensemble sur les manquements. On doit répondre tous ensemble à certaines questions.