Tu crois vraiment que là ou ça a brûlé (et brûle encore d'ailleurs), c'était fondamentalement différent il y a 50 ans ? Qu'il y a plus de négligence et de pyromanes ?
Je crois pas. La différence cette fois-ci, les pompiers n'arrêtent pas de le dire depuis 4 jours : sécheresse extrême provoquée par les 2 canicules successives de mai et juin, aggravé par une hygrométrie jamais vue de 10% + les pluies de cet hiver / printemps, qui ont fait pousser la végétation qui a ensuite séché et apporté un combustible idéal pour le feu (sec et raz du sol).
Les zones qui ont brûlé, c'était les mêmes en 1976. Et le coup des abords de la têt qui sont moins débroussailles, et qui aurait facilité le saut du feu de l'autre côté, j'y crois pas trop non plus : les pompiers ont parlé de sautes de feu jusqu'à 1 km !
Ne regardez pas le doigt qui la montre, regardez la lune, qui s'appelle ici réchauffement climatique. Bon sang, les scientifiques (GIEC et d'autres) le disent depuis 30 ou 40 ans : plus de CO2, plus chaud, plus sec et plus d'incendies ici, plus d'inondations là. Cherchez pas autre chose.
Attention, je ne dis pas que la sécheresse n'a pas de responsabilité dans les incendies. Seulement, elle n'est pas la source de ces feux, qui reste dans quasiment tous les cas un acte malveillant.
En 1976, la société avait déjà muté, il faut partir de la base. Depuis la nuit des temps, la société était basée sur le pastoralisme avec des bêtes qui nettoyaient les forêts, des feux étaient créées pour les nettoyer etc. Toi même tu le dis, la végétation a poussé ce qui en fait un combustible idéal, sauf qu'à l'époque, ce combustible était bouffé.
Y'a qu'à faire un rapide tour sur le cadastre Napoléonien pour mesurer l'impact de l'agriculture, sur la rive gauche de la Têt. On y voit un nombre important de cortals, de vignes et de prés.
Puis, il y'a le facteur de l'homme. Aujourd'hui on prend sa bagnole, on parcourt des kilomètres, on passe incognito. Y'a qu'à voir cet exemple :
https://www.centrepresseaveyron.fr/2026/07/06/incendies-en-occitanie-un-homme-suspecte-de-neuf-departs-de-feu-interpelle-grace-au-signalement-des-habitants-dun-village-de-lherault-13455648.php
Bien avant, pour aller foutre le feu au Col d'Auzines fallait être sacrément motivé, être du coin et ne pas avoir peur des représailles car tout le monde se connaissant dans les petits villages. Contrairement à aujourd'hui, l'indifférence n'existait pas dans les campagnes, il y'avait un réel contrôle social pour le meilleur ou pour le pire.
Bref tout est allé trop vite dans ce nouveau monde depuis environ 70 ans, l'économie et les comportements ont été extrêmement modifiés et aujourd'hui on commence à le payer. Pour moi, faire reposer le feu uniquement sur le réchauffement climatique est une analyse bien trop simple.