Albera
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Après des problèmes de poids et des blessures, Posolo Tuilagi est très attendu à Perpignan : « Il a un potentiel physique et rugbystique incroyable »
Tancé par Laurent Labit fin novembre pour son surpoids, le Français va reprendre la compétition ce week-end avec Perpignan. Le club attend beaucoup d'un joueur souvent blessé et/ou hors de forme ces derniers mois.
Les mots de Laurent Labit avaient surpris dans le cadre d'une conférence de presse d'après match, où les entraîneurs ont plutôt tendance à se contenir. Le soir de sa première à la tête de l'USAP, au sortir d'une lourde défaite contre Montpellier (0-28), le technicien avait ciblé ses joueurs puis orienté directement ses reproches en direction de Posolo Tuilagi, sorti sur blessure en première période.
« On attend la meilleure version de nos joueurs. Le Championnat est d'une densité terrible, il faut faire davantage, Posolo le premier, avait lâché le manager de l'USAP. On ne peut pas revenir de dix jours d'arrêt (les vacances accordées pendant la trêve internationale de novembre) avec cinq ou six kilos en trop, ça met en difficulté la reprise. On ne peut pas avoir des charges cohérentes et à la sortie, on se blesse... »
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La pique était très mal passée dans le camp Tuilagi. « C'est normal, c'est mon petit qui perd le match, j'accepte », avait ironisé sur Facebook son père Henry, ancienne icône du club catalan, installé dans la région et fidèle des travées d'Aimé-Giral. Il était d'ailleurs au stade dans les jours qui ont suivi pour demander des explications au président François Rivière.
« Il était un peu contrarié et c'est normal, mais il a compris que j'étais totalement solidaire des propos de Laurent Labit, se rappelle ce dernier. Je lui ai dit que son fils est aujourd'hui une référence absolue au club, un facteur X, Y ou Z, peu importe, un joueur de ce calibre-là en tout cas. Mais avec tout ce qu'il représente en termes d'évolution sportive, d'intégration dans cette société catalane et maintenant de rémunération, il doit être astreint à des exigences d'hygiène de vie qui doivent être totales. Donc Laurent a très bien fait d'évoquer le sujet et Henry l'a très bien compris. Vu la situation du club, on était en droit de rappeler les joueurs au respect de certaines exigences. C'est tombé sur Posolo car il était en zone disons orangée à ce moment-là. »
Un surpoids découvert par Labit à sa nomination mi-novembre, mais qui n'est visiblement pas un sujet nouveau concernant le massif deuxième-ligne. Présenté à 1,92 m et 145 kg sur le site officiel de l'USAP, Tuilagi s'est rapidement fait connaître depuis ses débuts en professionnel, à l'automne 2022, autant pour ses charges dévastatrices que ses qualités balles en main. Un phénomène physique digne de son patronyme, devenu champion du monde avec l'équipe de France des moins de 20 ans en 2023 puis qui a décroché cinq sélections avec les Bleus en 2024.
Mais l'histoire a pris une autre tournure avec une double fracture tibia-péroné à la jambe gauche le 28 septembre 2024 contre Clermont (33-3) qui l'a éloigné des terrains pendant sept mois. Juste avant le premier match contre Bayonne cette saison (19-24), il était cette fois victime d'une fracture de fatigue à l'autre jambe et ne revenait que le 25 octobre. Deux matches plus tard, il se blessait donc au genou gauche contre Montpellier.
Le colosse s'est fragilisé, ses retours ont souvent pris plus de temps que prévu et Tuilagi n'est jamais apparu très affûté sur les terrains. Un sujet sensible évoqué sous couvert d'anonymat à l'USAP.
« On parle d'un garçon encore très jeune (21 ans) qui, sans faire forcément attention à son corps, a toujours marché sur tout le monde sur les terrains, nous a-t-on confié. Dans la famille, il y a de sacrés repas (rires). Et lui n'a peut-être pas un squelette super solide, donc s'il dépasse les 150 kg, il devient sujet à des blessures comme sa fracture de fatigue cet été. Il s'en rend compte aujourd'hui. »
Le sujet est d'autant plus sensible que le joueur a été plusieurs fois prolongé - son contrat court jusqu'en 2028 - et augmenté, pour des performances jugées insuffisantes en quantité - vu ses blessures - et en qualité.
« La norme pour un tel joueur, ce ne doit pas être d'être titulaire à l'USAP, nous a confié Labit, qui a accepté d'évoquer son cas la semaine dernière. À 21 ans, il a un potentiel physique et rugbystique incroyable, il doit être régulièrement avec l'équipe de France et jouer les plus grands matches internationaux. Si physiquement il est bien, il n'y a pas sur la planète un autre joueur de rugby comme lui à cet âge-là. L'objectif en termes de poids, pour être performant aujourd'hui, c'est 148 kg. Sachant qu'à ces hauteurs-là, tout surpoids est un risque de blessure. Et le constat, il est quand même là, c'est que sur l'année 2025, il n'aura joué que dix matches. »
D'où cette sortie médiatique après le match contre Montpellier, comme pour crever un abcès ? « Évidemment qu'il était vexé, mais on s'est rapidement expliqué, poursuit Labit. J'ai parlé de Posolo, car il s'est blessé ce jour-là, mais il y avait alors beaucoup de joueurs qui, depuis le début de la saison, n'étaient pas au rendez-vous pour diverses raisons de manque de sérieux, de professionnalisme. Lui n'était pas revenu de vacances avec l'objectif de poids fixé donc je l'ai pris en exemple. Ça s'est réglé depuis et il travaille très bien ces dernières semaines. »
Au point, selon plusieurs sources, d'avoir perdu une dizaine de kilos, lui qui pointait à 146 kilos la semaine dernière. Sans une grippe pendant les fêtes qui l'a privé de deux séances d'entraînement, il aurait pu rejouer à Toulon le 28 décembre (31-16) ou contre Toulouse samedi (30-27), plus tôt que les délais de guérison prévus pour sa blessure au genou. Son retour est finalement prévu pour le déplacement à Newcastle samedi en Challenge (14 heures).
https://www.lequipe.fr/Rugby/Articl...e-de-redresser-la-situation-de-l-usap/1630732
« On a senti un garçon assidu, qui a bien travaillé, avec un bon état d'esprit, salue aujourd'hui Labit. C'est le joueur qu'on attend et on a hâte de le retrouver sur le terrain, qu'il puisse enchaîner les matches, parce qu'on a absolument besoin de lui. » Notamment en vue du match décisif pour le maintien qui s'annonce le 24 janvier à Aimé-Giral face à Montauban.
Tancé par Laurent Labit fin novembre pour son surpoids, le Français va reprendre la compétition ce week-end avec Perpignan. Le club attend beaucoup d'un joueur souvent blessé et/ou hors de forme ces derniers mois.
Les mots de Laurent Labit avaient surpris dans le cadre d'une conférence de presse d'après match, où les entraîneurs ont plutôt tendance à se contenir. Le soir de sa première à la tête de l'USAP, au sortir d'une lourde défaite contre Montpellier (0-28), le technicien avait ciblé ses joueurs puis orienté directement ses reproches en direction de Posolo Tuilagi, sorti sur blessure en première période.
« On attend la meilleure version de nos joueurs. Le Championnat est d'une densité terrible, il faut faire davantage, Posolo le premier, avait lâché le manager de l'USAP. On ne peut pas revenir de dix jours d'arrêt (les vacances accordées pendant la trêve internationale de novembre) avec cinq ou six kilos en trop, ça met en difficulté la reprise. On ne peut pas avoir des charges cohérentes et à la sortie, on se blesse... »
La causerie de Renaud Bourel
abonné
La newsletter rugby par Renaud Bourel, tous les vendredis dans votre boîte mail, un nouvel espace de conversation privilégiée.
La pique était très mal passée dans le camp Tuilagi. « C'est normal, c'est mon petit qui perd le match, j'accepte », avait ironisé sur Facebook son père Henry, ancienne icône du club catalan, installé dans la région et fidèle des travées d'Aimé-Giral. Il était d'ailleurs au stade dans les jours qui ont suivi pour demander des explications au président François Rivière.
Seulement dix matches en 2025
« Il était un peu contrarié et c'est normal, mais il a compris que j'étais totalement solidaire des propos de Laurent Labit, se rappelle ce dernier. Je lui ai dit que son fils est aujourd'hui une référence absolue au club, un facteur X, Y ou Z, peu importe, un joueur de ce calibre-là en tout cas. Mais avec tout ce qu'il représente en termes d'évolution sportive, d'intégration dans cette société catalane et maintenant de rémunération, il doit être astreint à des exigences d'hygiène de vie qui doivent être totales. Donc Laurent a très bien fait d'évoquer le sujet et Henry l'a très bien compris. Vu la situation du club, on était en droit de rappeler les joueurs au respect de certaines exigences. C'est tombé sur Posolo car il était en zone disons orangée à ce moment-là. »
Un surpoids découvert par Labit à sa nomination mi-novembre, mais qui n'est visiblement pas un sujet nouveau concernant le massif deuxième-ligne. Présenté à 1,92 m et 145 kg sur le site officiel de l'USAP, Tuilagi s'est rapidement fait connaître depuis ses débuts en professionnel, à l'automne 2022, autant pour ses charges dévastatrices que ses qualités balles en main. Un phénomène physique digne de son patronyme, devenu champion du monde avec l'équipe de France des moins de 20 ans en 2023 puis qui a décroché cinq sélections avec les Bleus en 2024.
Mais l'histoire a pris une autre tournure avec une double fracture tibia-péroné à la jambe gauche le 28 septembre 2024 contre Clermont (33-3) qui l'a éloigné des terrains pendant sept mois. Juste avant le premier match contre Bayonne cette saison (19-24), il était cette fois victime d'une fracture de fatigue à l'autre jambe et ne revenait que le 25 octobre. Deux matches plus tard, il se blessait donc au genou gauche contre Montpellier.
Le colosse s'est fragilisé, ses retours ont souvent pris plus de temps que prévu et Tuilagi n'est jamais apparu très affûté sur les terrains. Un sujet sensible évoqué sous couvert d'anonymat à l'USAP.
« On parle d'un garçon encore très jeune (21 ans) qui, sans faire forcément attention à son corps, a toujours marché sur tout le monde sur les terrains, nous a-t-on confié. Dans la famille, il y a de sacrés repas (rires). Et lui n'a peut-être pas un squelette super solide, donc s'il dépasse les 150 kg, il devient sujet à des blessures comme sa fracture de fatigue cet été. Il s'en rend compte aujourd'hui. »
Le sujet est d'autant plus sensible que le joueur a été plusieurs fois prolongé - son contrat court jusqu'en 2028 - et augmenté, pour des performances jugées insuffisantes en quantité - vu ses blessures - et en qualité.
« La norme pour un tel joueur, ce ne doit pas être d'être titulaire à l'USAP, nous a confié Labit, qui a accepté d'évoquer son cas la semaine dernière. À 21 ans, il a un potentiel physique et rugbystique incroyable, il doit être régulièrement avec l'équipe de France et jouer les plus grands matches internationaux. Si physiquement il est bien, il n'y a pas sur la planète un autre joueur de rugby comme lui à cet âge-là. L'objectif en termes de poids, pour être performant aujourd'hui, c'est 148 kg. Sachant qu'à ces hauteurs-là, tout surpoids est un risque de blessure. Et le constat, il est quand même là, c'est que sur l'année 2025, il n'aura joué que dix matches. »
D'où cette sortie médiatique après le match contre Montpellier, comme pour crever un abcès ? « Évidemment qu'il était vexé, mais on s'est rapidement expliqué, poursuit Labit. J'ai parlé de Posolo, car il s'est blessé ce jour-là, mais il y avait alors beaucoup de joueurs qui, depuis le début de la saison, n'étaient pas au rendez-vous pour diverses raisons de manque de sérieux, de professionnalisme. Lui n'était pas revenu de vacances avec l'objectif de poids fixé donc je l'ai pris en exemple. Ça s'est réglé depuis et il travaille très bien ces dernières semaines. »
Au point, selon plusieurs sources, d'avoir perdu une dizaine de kilos, lui qui pointait à 146 kilos la semaine dernière. Sans une grippe pendant les fêtes qui l'a privé de deux séances d'entraînement, il aurait pu rejouer à Toulon le 28 décembre (31-16) ou contre Toulouse samedi (30-27), plus tôt que les délais de guérison prévus pour sa blessure au genou. Son retour est finalement prévu pour le déplacement à Newcastle samedi en Challenge (14 heures).
https://www.lequipe.fr/Rugby/Articl...e-de-redresser-la-situation-de-l-usap/1630732
« On a senti un garçon assidu, qui a bien travaillé, avec un bon état d'esprit, salue aujourd'hui Labit. C'est le joueur qu'on attend et on a hâte de le retrouver sur le terrain, qu'il puisse enchaîner les matches, parce qu'on a absolument besoin de lui. » Notamment en vue du match décisif pour le maintien qui s'annonce le 24 janvier à Aimé-Giral face à Montauban.