2009-2019 - L'odyssée de l'USAP : Jérôme Porical, « J’étais dans la "zone" »... -...

Discussion dans 'Forum Top14' créé par Articles de presse, 23 Juin 2019.


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  1. Articles de presse

    Articles de presse Titan du forum

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    Chaque jour, L’Indépendant revient sur le 10e anniversaire du titre de l’USAP, sacrée championne de France contre Clermont (22-13) le 6 juin 2009. Ce dimanche, Jérôme Porical se livre. Comme il ne savait pas comment...

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  2. gaspacho31

    gaspacho31 Passe son temps sur le forum MEMBRE PREMIUM

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    Chaque jour, L’Indépendant revient sur le 10e anniversaire du titre de l’USAP, sacrée championne de France contre Clermont (22-13) le 6 juin 2009. Ce dimanche, Jérôme Porical se livre. Comme il ne savait pas comment raconter l’indicible, Jérôme Porical a dégainé tous les superlatifs possibles et s’est excusé cent fois de ne pas vouloir « se la jouer », ça n’aurait eu aucun sens. Fendre l’armure. L’émotif « Popeye » y est tout de même parvenu, partageant son univers mental via ses sensations et frissons, cette fameuse « zone », sorte de no man’s land, moment de lévitation intense, plénitude absolue comme il n’en connaîtra plus dans sa carrière. Les mots n’expliqueront jamais tout…

    La saga Porical
    Le jour de la finale, mon histoire familiale et ses répercussions médiatiques ne m’occupent pas l’esprit. J’intériorise tout, sans pression supplémentaire. Mon grand-père, que je n’ai pas connu, a été champion (Paul, en 1938), mon père a perdu une finale (Gérald, en 1977). Je ne les ai jamais vus jouer mais j’ai conscience de leur notoriété au sein du club. C’est un truc qu’on garde entre nous, c’est dans notre tempérament de ne pas trop en parler. Ce qui est beau, c’est que tous les trois on a joué et porté le numéro 15 de l’USAP. Chacun son destin, c’est pour cette raison que j’ai apporté le Bouclier à papa dans les tribunes, je considérais qu’après treize années passées à l’USAP, il le méritait autant que moi. D’ailleurs, on ne s’est pas dit grand-chose, le bonheur est passé par des regards, des ressentis. On s’est pris fort dans les bras, puis on a passé la soirée ensemble en boîte de nuit. C’était super de partager ça avec lui. Il m’a dit qu’il était heureux de ce qui m’arrivait et moi, je lui ai dit que ce titre était aussi pour lui, qu’il était champion par procuration. À son époque, l’USAP méritait d’avoir des titres mais elle est tombée sur la génération d’exception de Béziers, qui a tout raflé.

    Méditation avec Pedro Pérez
    La veille, j’ai fait une séance de tirs aux buts quasi parfaite à l’entraînement, donc je suis en pleine confiance à ce niveau-là. Le jour J, je suis très calme. Je me souviens que mon père m’a appelé et qu’il était plus stressé que moi. Il m’a dit qu’il me trouvait serein, que j’abordais le match de la bonne façon. La journée ne m’a pas paru trop longue. J’avais un petit rituel à l’époque. Grâce au préparateur mental Patrick Peytavi, je faisais de la méditation pour enlever le stress et me mettre dans ma bulle. Dans la matinée, Pedro Perez a tapé à ma porte, on s’est allongé côte à côte, relâchés, les yeux fermés, on méditait tous les deux. C’est la première fois que Pedro m’accompagnait dans ma préparation. En tant que buteur, il me fallait trouver des ressources psychologiques. J’avais 23 ans, j’étais minot, mais il y avait des « papas » comme Nico Mas, Greg Le Corvec, David Marty, qui étaient là pour prendre la parole et nous rassurer. Dans les vestiaires, j’étais très concentré, bien dans ma tête. Quand on sort du couloir, on voit tout le côté gauche en sang et or mais, en même temps, on ne veut pas trop regarder pour ne pas tomber dans l’émotion. On est préparé à jouer le plus grand match de notre vie.


    « Le plus beau coup de pied de ma carrière »
    L’entame n’est pas en notre faveur, on défend plus qu’on n’attaque. Malgré le score (10-3), j’ai la sensation qu’on est vraiment costaud. Et puis il y a cette pénalité à la 39e minute, notre première du match, ce qui semble fou. Elle est très difficile, sur les 40 mètres, en coin, je me dis qu’il faut la mettre. Je ne veux pas me jeter des fleurs mais elle est tapée à la perfection, en plein milieu des poteaux. Ce jour-là, j’étais dans la « zone », une zone de confort que je n’avais jamais atteinte auparavant. Je maîtrisais tous mes gestes. Quand je revois ce coup de pied, je me dis « Waouh ! », c’est le plus beau de ma carrière. Ça veut dire que je suis bien, je réalise qu’il n’y aura aucun problème au niveau des tirs aux buts. À la mi-temps, Jacques (Brunel, le manager) nous dit de croire en nous, que c’est en jouant qu’on va leur passer devant.

    Appuyer sur le bouton
    L’essai de Marty (45e) ? C’est une action d’instinct. David est en position d’ouvreur et moi de premier centre. Il me donne le ballon et là, j’ai un duel à jouer contre Rougerie. Crochet intérieur, je m’en débarrasse assez facilement alors que c’est un très gros défenseur. Je repars au feeling sur l’extérieur, Privat me plaque par derrière mais j’arrive quand même à libérer le ballon pour « Zaza » qui avait suivi. Après ce redoublement de passes, il fait une course rentrante, grille Floch et Nalaga à la course et va marquer entre les poteaux. On reprend le score, on se dit qu’il ne faut rien lâcher jusqu’à la fin. Il reste du temps mais on leur met un coup sur la tête. On savait que si on arrivait à les faire douter, ils ne seraient pas bien à l’heure de jeu. À partir de là, on a eu la main sur le match et on leur a fait faire des fautes. J’inscris deux nouvelles pénalités de 50 mètres, j’étais vraiment dans un super jour. Vous connaissez la fameuse phrase de Brunel (« Clermont est venu pour ne pas perdre et nous, pour gagner ») donc, effectivement, on savait que plus le match avançait, plus leurs vieux démons ressortiraient après neuf finales perdues. Il fallait juste qu’on appuie sur le bouton.

    « Ta gueule Popeye ! »
    À trois minutes de la fin, je hurle : « ça y est, on y est, on va le faire ! » « Zaza » me répond : « Ta gueule Popeye ! Concentre-toi » Vous connaissez « Zaza » (sourire). L’émotion arrive et, à la fin, c’est l’explosion totale, le Nirvana, le paradis, un truc incroyable. Moi, je laisse exploser ma joie parce que j’étais dans un tel degré de concentration et de plénitude rares chez un sportif, que j’ai tout lâché. Ma première réaction a été de foncer vers le peuple catalan pour exploser de joie avec lui. Après, sur l’estrade, on était serré comme des sardines pour soulever le Bouclier. La photo est magnifique, dommage qu’on y voit aussi peu de joueurs, dont le capitaine Nicolas Mas. C’est le seul petit regret, même si ce n’est pas grave. On a tout de suite voulu faire toucher le morceau de bois aux supporters, car ils sont passionnés, ils donnent tout pour le club, on avait envie de leur rendre. Tant de générations avant nous auraient mérité d’être sacrées, notre public avait attendu depuis si longtemps. 54 ans d’attente, c’est énorme pour un club comme l’USAP, qui fait partie des grands de notre championnat. J’en ai encore des frissons.

    « J’avais trois rêves d’enfant… »
    C’est le match de ma vie, bien sûr. Pour un Catalan qui a fait ses écoles dans des petits villages du département, qui a toujours baigné dans l’esprit USAP parce que son papa l’emmenait au stade dès l’âge de cinq ans, avoir vécu ça, c’est fabuleux, il n’y a pas plus beau. On a beau dire, le Grand Chelem, Champion du monde, ce n’est pas vrai, pour un jeune Catalan, enfin pour moi, il n’y a pas plus beau qu’être champion avec l’USAP. On avait envie d’écrire cette page de l’histoire ensemble, c’est la force de ce groupe. Aujourd’hui, on se respecte tous et on s’aime beaucoup. C’était notre heure. Ça aurait dû l’être aussi l’année d’après mais, malheureusement, le sport en a décidé autrement. Je me souviens qu’enfant, j’avais trois rêves, c’est très difficile à réaliser des rêves d’enfant. Je voulais porter le maillot de l’USAP en équipe première, être champion avec ce club et avoir une sélection avec l’équipe de France. J’ai connu les trois, je considère donc que ma carrière est réussie. Le plus important, c’est ça, avoir réalisé mes rêves d’enfant.

    Jérôme PORICAL
    Né à Perpignan, 33 ans

    USAP (2006-12) / 4 sélections avec la France / 5 sélections avec France 7’s Saison 2008-09 Poste : N.15 (x11) 23 matches, 11 titularisations, 1094 minutes 170 points, 2 essais, 1 drop
     
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