Vous ne voulez plus avoir de publicité sur le site ? Abonne-toi et deviens membre Premium !  >>> Je m'abonne <<< 

LA CHRONIQUE D'ELS DE P@RIS : PLAFOND DE VERRE ? (USAP-Munster, H Cup, 4e journée)

Discussion dans 'Forum TOP14' créé par Els de P@ris, 18 Décembre 2013.

  1. Rentre dans la mêlée des discussions enflammées ! :) Inscris toi en 2 minutes, et même en 10 secondes grâce à ton compte Facebook ! Les supporters t'attendent pour partager des avis !
    JE M'INSCRIS ›››
    Rejeter la notice
Tags:
  1. Els de P@ris

    Els de P@ris USAPiste bavard

    Messages:
    70
    Notations:
    +0 / 0 / -0

    Partager cette page

    À peine le temps de digérer la tempête irlandaise, savamment distillée par nos redoutables adversaires ainsi que par un arbitrage dont il n’est plus l’heure de parler, qu’il fallait remettre le couvert, et cette fois dans notre maison qui, si elle a tendance à sonner un peu creux ces derniers temps, n’en reste pas moins notre foyer, là où se posent les fondations de notre équipe et de ses résultats. Après une saison dernière chaotique, minée par des fondations défaillantes, que ce soit cette défaite inaugurale contre Toulon, mais aussi un groupe et d’un projet à repenser en profondeur, on voyait dans cette saison l’occasion de finaliser les fondations et de reconstruire une cathédrale, peut-être pas aussi impressionnante que les projets pharaoniques varois ou franciliens, mais au moins aussi solide que celle qui nous avait portés aux nues il y a 4 ans et demi (une éternité…) ou que celle qui a permis au CO d’atteindre les cieux étoilés en juin dernier.
    Las ! Si la défaite contre le Stade français pouvait passer pour un accident, d’ailleurs rattrapé depuis, la récente défaite contre l’ASM et la tempête irlandaise ont fait sévèrement trembler l’édifice sur ses bases, mettant en lumière des défauts de construction décidément bien difficiles à évacuer. Si on ajoute à cela les inévitables impondérables et coups de malchance qui plombent un chantier, couronnés samedi par l’annonce de la fin de saison de notre architecte en chef, cela commençait à faire beaucoup. Et l’équipe concoctée par notre chef de chantier, amputée de joueurs au repos, semblait bien amoindrie, faisant presque douter de notre volonté de l’emporter.
    Pourtant, le match ne manquait pas d’importance : d’abord, parce que ce n’est pas tous les jours qu’on reçoit un grand d’Europe. Mais aussi parce que le Munster coule peut-être le meilleur béton d’Europe avec ses avants, et pas seulement du fait de coups de pouces répétés des autorités compétentes. Le match avait donc valeur de test, notamment pour notre 5 de devant assez expérimental, les Munstermen ne se faisant jamais défaut d’appuyer là où ça fait mal quand les fondations ont été mal coulées, et ne vivant que pour cette compétition européenne. Défi redoutable donc, mais capital pour notre avenir européen, et pour éviter une nouvelle défaite, ce qui commencerait à faire beaucoup…

    Au moment où M. Doyle donnait le coup d’envoi, on se prenait à rêver aux entames sur lesquelles l’USAP construisait sa réputation et qui ont souvent fait d’Aimé-Giral un chantier interdit à la victoire adverse. Rien de tout ça cette fois : les Munstermen mettaient la main sur le ballon et récitaient leur partition, tout en coups de boutoir pour faire céder tout de suite la cloison catalane. Sans génie, mais avec efficacité, ils se retrouvaient près de notre ligne, exploitant une faiblesse récurrente et pourtant difficile à comprendre chez nos joueurs, à savoir cette incapacité à défendre en avançant, à aller agresser l’attaquant adverse. Au lieu de cela, nos joueurs donnent l’impression d’attendre, et subissent trop souvent l’impact, se trouvant sur le reculoir dès le premier plaquage, malgré une vaillance incontestable. Fort heureusement, cette séquence se terminait sans casse, l’habitude irlandaise d’ouvrir des portes illégalement dans nos murs s’étant un peu trop vue.
    On soufflait un peu, d’autant que sur la première action de nos joueurs, le jeune Tommy Allan convertissait brillamment une pénalité, nous donnant un avantage aussi léger qu’inespéré vu l’entame. Cela permettait à nos joueurs d’entrer dans la partie, et, même si les premières mêlées confirmaient que nos avants semblaient avoir les pieds sur du sable, on ne pouvait pas leur reprocher de manquer d’agressivité. Et quand O’Mahony venait sur notre concession de ruck, Romain Terrain et ses camarades lui faisaient comprendre, par quelques gentils parpaings, qu’il n’était plus chez lui, et devait respecter quelques règles de courtoisie élémentaire…
    Du coup, malgré des difficultés toujours aussi grandes pour araser le sol et pouvoir construire des actions de classe avec des ballons propres, nos joueurs reprenaient l’initiative, tel un Tommy Allan tout en audace mais manquant juste de soutien, un Dan Leo et un Guillaume Vilaceca toujours aussi vaillants et rugueux ou un Watisoni Votu décidément étonnant en fer de lance de notre attaque. Pourtant, toutes ces bonnes intentions se heurtaient à un manque de terrassiers compétents et expérimentés qui, à défaut de grandes envolées, savent préparer le terrain. Et quand le repos arrivait, on ne pouvait que remercier le buteur irlandais de ne pas avoir la précision de son prédécesseur à ce poste…

    Et question fondements du jeu, on allait être servi dès la reprise : les Munstermen nous servaient un enchaînement jeu au pied – récupération –percussion qui nous poussait dans nos 5 mètres, avec pour résultat une redoutable épreuve de mêlée défensive pour nos joueurs. On voulait croire au miracle, mais il n’y en avait point : nos avants se faisaient châtier à plusieurs reprises, amenant M. Doyle à aller sous les poteaux, pour un essai de pénalité tout ce qu’il y avait de plus indiscutable. Se retrouver fracassés sur une telle base du jeu, qui plus est dans notre stade, où l’USAP a plus d’une fois fait subir ce sort à ses adversaires, créait un mélange d’humiliation et de fatalisme, tant notre jeune Seb Tao était rudement renvoyé à ses chères études par l’expérimenté Brendon Botha. La leçon était rude, mais hélas prévisible…
    Pourtant, malgré cette terrible claque, nos joueurs ne se démobilisaient pas. Mieux, ils semblaient avoir retrouvé de l’allant. À l’origine de ce renouveau, les entrées de nos fers de lance Guilhem et Pedro, qui semblaient enfin passer au Caterpillar le jeu au sol. Et bizarrement, quand on commence par là, les ballons sortent plus vite, et les offensives se bâtissent bien mieux.
    Après un premier maul non converti par un Tommy Allan visiblement entamé, une belle offensive nous donnait une pénalité à 5 mètres face aux poteaux. Et là, de façon inexplicable, au lieu de cimenter notre avantage, Nico Durand jouait vite : c’est bien beau de vouloir construire l’Empire State Building, mais si on n’est pas capable de sceller la première pierre, on ne respecte rien, et on est puni, comme le fut notre mêlée par la suite. Et si un nouveau maul nous donnait l’avantage, les Irlandais nous en rappelaient la légèreté en grattant presque tout de suite une nouvelle pénalité.
    Malgré tout, et alors que certains de nos jeunes joueurs semblaient avoir du mal à mettre un pied devant l’autre, notre équipe faisait preuve d’une abnégation à toute épreuve, se trouvant même mieux en mêlée et dans le jeu d’avants, malgré ses difficultés à stopper rapidement les assauts, pourtant stéréotypés, de nos adversaires. Mais comme notre ouvreur envoyait ses coups de pieds encore plus haut que la plus grande grue du chantier, tout ceci ne trouvait pas sa récompense. Un sentiment d’impuissance s’abattait alors sur le public, et on commençait à se dire que cette USAP manquait de trop d’armes pour renverser son adversaire.
    Mais c’est à ce moment-là, quand on n’espérait plus rien de ce match verrouillé comme un marché public en Russie, que tout devenait fou. Sur une ultime attaque en première main, l’ailier irlandais, peut-être troublé par la passe très légèrement en avant de David Marty, se jetait sur Joffrey Michel, laissant son couloir aussi vide qu’un immeuble de bureaux à 3 heures du matin. Le ballon arrivait à Benvenuti qui s’effondrait dans l’en-but, nous offrant une victoire inespérée, à tel point qu’on ne se formalisait pas de la transformation encore une fois un peu haute de notre jeune ouvreur… Hélas, si nous, supporters, croyions à ce scénario, nos joueurs y avaient peut-être cru un peu trop tôt : le Munster parvenait à récupérer la balle, lançait un ultime mouvement, et le jeune Hanrahan, frais comme un gardon, crucifiait un Joffrey Michel qui donnait l’impression d’avoir les pieds dans le béton, faisant s’effondrer tous les efforts de nos joueurs et le moral des supporters comme un château de cartes. La transformation ratée était pour le coup anecdotique, et les Irlandais pouvaient repartir sur leur île avec le sentiment du travail bien fait.

    Que retenir de cette nouvelle et cruelle déconvenue ? Bien sûr, l’équipe manquait de nombre de cadres, en particulier devant, où les jeunes stagiaires prévus sur le banc ont été préservés par le staff qui craignait de les voir irrémédiablement tordus. Bien sûr, malgré ces absences, l’équipe a fait preuve d’une vaillance à toute épreuve, d’autant plus belle qu’il est difficile de tenir quand on est à ce point secoué. Mais on retrouve dans cette défaite ce qui fait notre irrégularité depuis un an et demi.
    On a toujours cette impression que notre équipe veut se lancer dans des architectures d’une finesse et d’une qualité incomparables, qu’elle en est capable, mais qu’elle ne met pas les fondations à ces ambitieux projets. Il n’est pas possible d’espérer atteindre le très haut niveau sans un jeu au sol qui permette d’extraire des ballons de qualité, sans une conquête toujours efficace, sans une défense agressive, capable de faire reculer l’adversaire, et pas de gérer son avancée. Ce n’est pas faute d’envie, mais on a l’impression de répéter toujours les mêmes choses, et les blessures ne sont pas une excuse complète. Il y a encore de gros défauts de construction sur l’organisation, et, sans aller jusqu’à chercher les mânes des ancêtres usapistes et de leurs présumées valeurs hautement viriles sur les fondamentaux, on ne peut que rappeler que même les avants All Blacks, sur les rucks et en défense, se comportent en authentiques bouchers pour permettre à leur rugby total de s’exprimer. C’est cela qui manque trop souvent à nos joueurs, cela peut être un problème individuel (en effet, Vahaa et Tao sont par exemple tendres là dessus, mais ils sont jeunes et ont durement appris samedi), mais c’est aussi une question d’organisation. Sans cela, ce plafond de verre demeurera pour la suite de la saison, à commencer lors du déplacement chez un champion justement très fort sur ces fondations. Ce sera encore un test très difficile pour nos joueurs, mais qu’ils sachent au moins que leur public leur pardonnera tout s’ils se battent comme samedi !
     

Partager cette page